Un ultime message des abeillesMon commentaire :
Toutes les civilisations ont considéré l’abeille comme un animal sacré. Les Mayas, qui considéraient les abeilles comme une émanation de la lumière solaire, avaient même une divinité de l’abeille, Ah Muzen Cab. Pour Maurice Chaudière, “les flèches d’Eros ne sont que des abeilles à la discrétion d’Aphrodite.” L’Artémise d’Ephèse avait à ses pieds un essaim.
Que reste-t-il de cette vision de l’abeille dans l’apiculture moderne? Il n’en reste rien. L’abeille est une esclave au service de l’agriculture militarisée. La reine est une esclave sexuelle inséminée dans des laboratoires aseptisés.
Pour Gunther Hauk, directeur du Centre Pfeiffer aux USA: “En ce qui concerne cet étrange phénomène, dénommé syndrome d’effondrement des colonies, au cours duquel les abeilles quittent la maison et ne reviennent pas, je souhaiterais suggérer la ligne de réflexion suivante. Lorsque le stress, les poisons, la nourriture frelatée, et des “pratiques d’exploitation”, doublées d’un manque de respect et de considération, atteignent un certain niveau, l’essence spirituelle, cette composante de l’être qui maintient l’intégrité de l’organisme, disparaît. Lorsque nous regardons un animal, nous percevons son corps physique. Les Amérindiens, encore clairvoyants, “percevaient” cette entité spirituelle qui préside aux instincts vitaux de l’animal en toute sagesse. Ils appelaient cette entité spirituelle le “Grand Ours” ou le “Grand Bison”. Nous serions enclins à penser que lorsque la “Grande Abeille” subit toutes ces forces destructives, elle se détache de l’entité physique”.
Lorsque le centre spirituel de la ruche est ainsi affaibli, l’abeille individuelle s’envole et ne revient plus. Parce qu’elle n’a, en fait, nulle part où revenir. La “Grande Abeille”, que l’on pourrait appeler l’âme-groupe, ne peut pas maintenir l’intégrité de la colonie.”
C’est sans doute le message ultime des abeilles: elles se détachent de l’humanité, elles s’en vont mourir en groupe. Par dizaines de milliards, et elles ont même la décence de ne pas encombrer de leurs cadavres leurs camps de concentrations. Ultime délicatesse.
Elles transhument définitivement. Peut-être vers une autre planète ou vers un autre cosmos? Ou peut-être vers une autre humanité, plus respectueuse? Transhumance pouvant être interprétée comme trans-humus, au-delà du terroir, ou comme trans-humain, au delà de l’humanité.
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Libérons les Abeilles
Libérons les abeilles avant que le syndrome d’effondrement des colonies ne devienne le syndrome d’effondrement des colonies humaines.
Libérons les abeilles de leur univers concentrationnaire, de la procréation en laboratoire, des fongicides, des pesticides et des insecticides, des rayonnements électromagnétiques et des chimères génétiques. Lorsqu’elles seront sorties de leur captivité, elles se libéreront bien, toute seules, de leurs parasites, ou appelés tels, car lorsque le terrain est sain, les parasites ne sont réellement que “ceux qui mangent à côté d’un autre”, au sens grec du terme.
Et l’homme, sans nul doute, doit être compté au nombre des parasites de l’abeille car, depuis l’aube des temps, elle partage avec lui les trésors de la ruche. Ces trésors, dont le nombre est celui des côtés de son alvéole, sont le miel, le pollen, la cire, la gelée royale, le venin et la propolis. Cette dernière substance est sûrement une des substances les plus thérapeutiques de cette planète: c’est pour cela qu’elle fut nommée “propolis”, “au-devant de la cité” car de la demeure de l’abeille, elle écarte les maux, du moins les maux d’origine naturelle. La propolis se révéla, en effet, impuissante pour protéger l’abeille des maux de la technologie humaine.
Il y avait sans doute encore, au siècle passé, près d’un million d’espèces d’insectes dans cette grande ruche planétaire. En l’espace de quelques dizaines d’années, de très nombreuses espèces furent éradiquées par l’agriculture toxique, par la déforestation, par la désertification, par l’urbanisation.
Dans ce million d’espèces d’insectes, l’abeille est unique. Le poète a pu dire que l’abeille ne vole jamais seule: elle est toujours accompagnée d’un esprit du feu qui l’adombre d’une aura de lumière dont la source est cosmique. Car l’abeille est, par excellence, le porteur de pollen, le messager du pollen et le pollen est un petit morceau de soleil. C’est pour cela que les civilisations antiques vénéraient l’abeille comme une émanation solaire, une messagère entre le Cosmos et la Terre.
N’est-il pas étrange que l’abeille, symbole de feu, se détache d’une humanité dont l’enthousiasme, au sens grec de “feu intérieur”, semble s’être étiolé, étouffé sous les cendres d’une technologie dont le plus-avoir lui tient lieu de bien-être?
N’est-il pas étrange que l’abeille solaire déserte la Terre au moment même où la planète commence à suffoquer sous les affres d’un réchauffement qui, la folie humaine aidant, la transformera, en très peu de temps, en un désert brûlant?
Dominique Guillet. Le 12 mai 2007
C’est sans doute le message ultime des abeilles: elles se détachent de l’humanité,Vision anthropomorphique ; c'est gentil de placer l'homme au centre de la création, mais il se pourrait très bien (c'est même certain à mon sens) que l'abeille ait sa propre raison d'être sur Terre.
où la planète commence à suffoquer sous les affres d’un réchauffement qui, la folie humaine aidant, la transformera, en très peu de temps, en un désert brûlant?
Sauf que la vision de la terre comme un désert brûlant est simpliste ; il y a très peu de chance que ca se passe comme ca. Le fonctionnement du climat est beaucoup plus complexe que ca, et on peut vraissemblablement constater que le temps pourri qu'il y a eu en Franche cet été est certainement lié aux changements climatiques. Et si le Gulf Stream s'arréte (ce qui semble probable), la France va se transformer non pas en se réchauffant mais en se refroidissant.
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